Au cours du démontage de l’instrument, Philippe le restaurateur découvre des objets qui évoquent la guerre d’indépendance algérienne et des marques qui révèlent d’étranges coïncidences. Je pars sur les traces du piano sur le lieu de sa fabrication à Fontenay sous Bois. Je me rends à Oran avec Hamid un ami originaire de cette ville car c’est là que le piano a été expédié ; je cherche la présence des musiques européennes et orientales qui se côtoyaient ou s’ignoraient. Nous retournons à Alger Anne-Marie et moi retrouver les souvenirs d’enfance liés au piano, et rencontrer des pianistes et musicologues algériens. Pendant ce temps, Philippe poursuit et termine la restauration. Et voilà que le piano retrouve sa beauté Art Nouveau, les ivoires sont polis, le bronze brille, les volutes de palissandre rougeoient, le restaurateur-accordeur cherche l’harmonie et la justesse.
Deux solistes jouent en concert sur le piano restauré, George interprète Noctuelles de Ravel et Amine improvise à son tour à partir d’une partition d’Iguerbouchène.”
Primé au FIFS Bénin et sélectionné au Cinemabriz Festival Barcelone.