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20e édition du festival en plein-air Les Toiles du Sud

Actus

Publié le : Vendredi 17 juillet 2026

Chaque été depuis 2006, le Théâtre du Rocher de Cotignac se transforme en salle de cinéma à ciel ouvert. Sous les étoiles du Haut-Var, Les Toiles du Sud proposent douze soirées inoubliables mêlant avant-premières nationales, films grand public et ciné-concerts — dans un cadre provençal exceptionnel, à partager en famille ou entre amis. Pour cette 20e édition, Séances Spéciales s’est entretenu avec le fondateur du festival, Stéphane Correa.

Vingt ans après la création des Toiles du Sud, quel regard portes-tu sur l’évolution du festival ?

Les premières années, nous programmions plus de films de répertoire. Petit à petit, le festival a évolué. Comme chaque année, il y a des ciné-concerts. Mais il y a surtout une vraie envie de proposer des avant-premières, notamment des films présentés au Festival de Cannes.

C’est pour cela qu’il y a Garance, mais aussi Quelques mots d’amour, Le Corset, Les Matins merveilleux… Ce sont des films que j’ai découverts à Cannes, que j’ai beaucoup aimés et qui possèdent une véritable identité. Ce sont des œuvres qui m’ont touché et je suis heureux de pouvoir les proposer au public. L’ADN du festival a donc évolué au fil des années : il y a un peu moins de films de répertoire et davantage d’avant-premières.

Qu’est-ce qui caractérise cette 20ᵉ édition ? Y a-t-il des temps forts que tu recommanderais particulièrement ?

Il y a plusieurs rendez-vous qui me tiennent à cœur. Nous ouvrons avec Florian Lesieur, le jeune comédien de La Bataille de Gaulle. J’aime beaucoup l’idée de mettre en lumière les talents de demain.
Le producteur des Matins merveilleux, David Nivesse, sera également présent. Cette projection est soutenue par la Région Sud, et des élus viendront expliquer, avec moi, pourquoi la Région accompagne la création cinématographique.
Nous accueillerons aussi Christophe Tardieu, le directeur général de France Télévisions, qui présentera deux coproductions du groupe. Ce sera l’occasion d’échanger sur la place, aujourd’hui essentielle mais aussi parfois questionnée, de la télévision dans le financement du cinéma.
Il y aura également une soirée autour de Vivaldi. Avant la projection de Vivaldi et moi, un trio de musiciens de Radio France interprétera Les Quatre Saisons en concert. C’est une belle manière de créer un dialogue entre la musique et le cinéma.
Autre moment original : Les Voix Animées, un groupe de quatre chanteurs a cappella qui accompagnent des courts métrages de Charlie Chaplin. C’est un véritable film-concert.
Enfin, Michel Leclerc viendra présenter Les Caprices de l’enfant roi. Ce choix fait aussi écho à l’histoire de Cotignac : Louis XIV est venu ici remercier la Vierge Marie, lorsque Anne d’Autriche lui a donné la vie. C’est un épisode important de l’histoire du village, et c’était amusant de créer ce lien entre le film et notre territoire.

Après vingt ans à la tête des Toiles du Sud, quel regard portes-tu sur cette aventure ?

Je suis heureux d’avoir tenu pendant vingt ans, y compris durant les années Covid, avec les jauges réduites et les passes sanitaires. Malgré tout, nous avons réussi à maintenir le festival pendant cette période.
Je suis aussi très heureux que le public se soit approprié cet événement. Ce qui me touche particulièrement, ce sont les enfants qui venaient voir Toy Story, Là-Haut ou Les Minions. À l’époque, Pixar sortait souvent ses grands films durant l’été et j’adorais les présenter.
Aujourd’hui, ces enfants sont devenus des adultes. Certains ont une trentaine d’années et ils me racontent qu’ils gardent des souvenirs très forts de ces soirées de cinéma en plein air, au pied du rocher. Cela a fait partie de leurs étés, de leur enfance, de leur construction. C’est ma dernière année au festival, et je suis heureux d’avoir semé ces petites graines de souvenirs d’été.

C’est aussi ce que permet le cinéma en plein air : vivre une expérience différente d’une salle de cinéma classique.

Exactement. Les spectateurs ne viennent pas seulement voir un film. Ici, on est dans un lieu magique. Il y a une ambiance particulière. Avant les projections, le bar est ouvert, des musiciens ou des chanteurs se produisent. C’est un vrai moment de convivialité.

Peux-tu nous parler de la programmation hors les murs ?

J’aime créer un lien entre les films et les lieux dans cette programmation hors les murs. À l’abbaye du Thoronet, par exemple, nous projetons un film qui a un lien avec le lieu, comme Conclave.
Vendredi et samedi, nous serons à Correns avec Arco, parce que c’est un village engagé dans la transition écologique.
À la fin du mois, nous irons au Centre d’art contemporain de Châteauvert, où est présentée une magnifique exposition consacrée à l’artisanat marocain. Nous y projetterons Le Bleu du caftan, pour raconter l’histoire de cet artisanat incroyable.
Le 4 septembre, nous organiserons également une soirée spéciale avec Eric Idle, des Monty Python. Il vit à Cotignac depuis longtemps et vient de publier un livre sur sa vie en Provence. Il présentera Le Sens de la vie, accompagné des producteurs du film, qui a reçu le Prix du Jury au Festival de Cannes en 1983. Le lendemain, une soirée plus intimiste sera organisée dans un hôtel du village, avec un dîner et une séance de dédicaces. Ce sera un très beau moment pour conclure la saison.

Si tu devais retenir un souvenir parmi ces vingt années de festival ?

Il y en a énormément. J’ai des souvenirs avec Agnès Jaoui, Jean-Pierre Bacri, Jean-Paul Rouve, Olivier Nakache et Éric Toledano… Récemment encore, Martin Jauvat, qui est venu pour Baise-en-ville, m’a dit qu’il était très heureux de présenter son film et de découvrir le village. Je garde aussi de très beaux souvenirs avec Karim Leklou, Hélène Vincent, ou encore de nombreux réalisateurs et comédiens.
Je pense aussi à l’avant-première du film Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois. Le film venait d’obtenir le Grand Prix du Festival de Cannes. L’acteur Michael Lonsdale était présent. C’était un moment incroyable, nous avons dû refuser près de 300 personnes ce soir-là.
En vingt ans, nous avons accueilli plus d’une trentaine d’invités. À chaque fois, ce sont des rencontres humaines très fortes. Au fond, ce sont ces rencontres qui restent. Je crois que les artistes apprécient vraiment de venir ici pour présenter leur film, et c’est sans doute ce dont je suis le plus fier.

Copyright photos : les-toiles-du-sud.com

Entretien réalisé par Lola Antonini et Elyna Garcia

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