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La Décade Malraux – 10 jours consacrés à la figure d’André Malraux

Actus

Publié le : Lundi 21 septembre 2026

À l’occasion du cinquantième anniversaire de la disparition d’André Malraux, la Ville de La Ciotat a souhaité s’associer à la dynamique nationale « 2026, Année Malraux », initiée par le ministère de la Culture. Au programme de ces 10 journées : projections, conférences, expositions, ateliers pédagogiques… 

Séances Spéciales s’est entretenu pour l’occasion avec Emmanuelle Ferrari, consultante en projets cinématographiques.

Qu’est-ce que la Décade Malraux et pourquoi La Ciotat a-t-elle choisi de consacrer 10 jours à cette figure ?

C’est le cinquantenaire de la mort d’André Malraux. Au niveau du ministère de la Culture, une association s’est créée, qui s’appelle Horizon Malraux, et qui a choisi une dizaine de villes en France pour commémorer cet anniversaire. La Ciotat a été choisie parce que le bateau André Malraux a été construit à La Ciotat et qu’il a été baptisé en 2012 par Florence Malraux, la fille d’André Malraux, à La Ciotat. On avait donc un lien un peu organique avec Malraux à travers ce bateau, qui est un bateau de prospection archéologique. Nous avons donc décidé de consacrer 10 jours à toutes les facettes d’André Malraux : le ministre, avec ses principales lois sur le patrimoine et sur le cinéma, mais aussi l’homme.

Quels sont les temps forts à ne pas manquer ?

La Décade a commencé il y a trois jours, et tous les acteurs culturels de la ville de La Ciotat sont mobilisés. Hier, il y a eu « Malraux et la musique », un hommage organisé au conservatoire, autour du rapprochement entre Malraux et la musique — notamment via la musique de L’Espoir (l’unique film de Malraux), composée par Darius Milhaud, grand musicien marseillais du début du siècle. Ce lien s’exprimait aussi bien dans ses commandes ministérielles que dans ses goûts personnels.

Ce soir, il y a la commémoration du 21 septembre 1895, date de la première projection des frères Lumière au Palais Lumière — c’est la fête du cinématographe à l’Éden, en présence de Nicolas Pagnol et Vincent Fernandel. On projette Playtime de Jacques Tati, fraîchement restauré, présenté par Vincent Fernandel, ancien journaliste cinéma, qui évoquera le rapport de Tati à Malraux et répondra aux questions sur la restauration du patrimoine cinématographique — un sujet cher à Malraux, très attaché à la conservation de la mémoire.

Demain, mardi, il y a le vernissage des photographies de La Ciotat par le photographe Bernard Plossu. Puis, à 20h, au théâtre de la Chaudronnerie, un spectacle de danse et théâtre labellisé Horizon Malraux, une création inspirée des récits et réflexions qui ont nourri l’imaginaire de Malraux.

Mercredi, c’est une journée dédiée aux scolaires, qui travaillent depuis des mois sur le Musée imaginaire et imaginent leur propre musée à travers différents ateliers. À 18h, projection de Rome, ville ouverte de Roberto Rossellini — un film que Malraux adorait particulièrement, d’autant qu’il connaissait bien le réalisateur et l’a aidé à développer, à la télévision, ses documentaires sur les grands penseurs, une facette méconnue de l’œuvre de Rossellini. Le film sera présenté par une ancienne étudiante du lycée, bientôt en école de cinéma à la Fémis, pour porter un regard jeune sur ce classique. Puis, à 20h30, diffusion de Fiesta, sur la guerre d’Espagne, en présence du réalisateur Pierre Boutron, suivie d’un débat — Malraux ayant été un grand résistant pendant cette guerre, dont s’inspire son film L’Espoir.

Jeudi 24, il y a la Grande Dictée, organisée dans toute la France, un hommage à André Malraux l’écrivain.

Vendredi 25, table ronde à la Bastide Marin, autre lieu du patrimoine de La Ciotat, sur « Malraux et la sauvegarde du patrimoine bâti » — sa grande loi. Puis, projection en plein air, avec des food trucks, du film Malraux, tu m’étonnes, réalisé par Michèle Rosier — une biographie de trois heures avec, entre autres, Raphaël Personnaz et Denis Podalydès.

Samedi 26, c’est le grand moment littéraire, de 18h à 22h à l’Éden : plusieurs écrivains seront présents autour d’une table ronde animée par l’historien Pascal Blanchard, spécialiste de la colonisation, avec l’ancien ministre Hervé Gaymard, qui vient de publier le Dictionnaire amoureux d’André Malraux. Le même jour, à la chapelle Sainte-Anne, projection du documentaire André Malraux, l’épreuve du pouvoir (2017), de Xavier Villetard.

Et on termine dimanche par un tournoi de pétanque ouvert à tous, puisque la pétanque est née à La Ciotat, et, à 18h au cinéma Éden, par un hommage à Charlie Chaplin — le réalisateur qu’admirait le plus Malraux — avec deux courts-métrages accompagnés au piano par André Rossignol.

À noter aussi, cette semaine : une soirée consacrée aux archives Gaumont sur Malraux, en présence de la directrice des archives.

Comment rendre ces événements accessibles à ceux qui connaissent peu Malraux, notamment les jeunes ?

C’est vraiment l’objectif recherché, en faisant participer les scolaires et en confiant la présentation de certains films à des jeunes — comme pour la séance de Rome, ville ouverte. Après, Malraux, ce n’est pas simple à aborder. Mais c’est aussi l’occasion de s’intéresser à quelqu’un qui a été un très grand ministre : c’est grâce à lui qu’on a aujourd’hui les labels comme Art et Essai, l’avance sur recettes — c’est lui qui a transformé le CNC.

Et pour l’instant, ça marche bien : les séances font le plein, il y a une vraie curiosité du public. Et les séances sont en entrée libre !

Cliquez pour découvrir la programmation :

Copyright photo top : Espoir-Sierra de Teruel d’André Malraux et Boris Peskine, 1945, Les Acacias

Entretien réalisé par Lola Antonini

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