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Bouche à oreille : les films de la rentrée

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Le Bouche à oreille : les films de la rentrée

Trop de films en salles ? Vous ne savez jamais quel film choisir ? Dans le Bouche à oreille, nous donnons la parole à ceux qui font le cinéma pour qu’ils vous recommandent leurs coups de cœur.
Pour la rentrée, c’est Henri Denicourt de l’équipe du cinéma Jean Renoir à Martigues qui nous a parlé des films qu’il a choisis pour bien débuter la saison !

Roubaix, une lumière” d’Arnaud Desplechin, en salles le 21 août

France / 1h59, avec Roschdy Zem, Léa Seydoux, Sara Forestier

A Roubaix, un soir de Noël, Daoud, chef de la police locale, et Louis, fraîchement diplômé, font face au meurtre d’une vieille femme. Deux jeunes femmes toxicomanes, alcooliques et amantes, sont arrêtées. Elles sont voisines de la victimes…

Pourquoi c’est à voir :

Ce n’est pas le Desplechin habituel, celui qui se situe dans l’univers du conte. Cette fois, il rentre dans le récit, le polar. Pour cela, il utilise trois acteurs formidables, Roschdy Zem d’un côté et Léa Seydoux et Sara Forestier de l’autre. Plus le personnage de Roschdy Zem approche de la vérité, de la lumière, plus le duo Seydoux-Forestier s’enfonce dans les ténèbres du mensonge, le tout joué en huis clos.

Viendra le feu” d’Olivier Laxe, en salles le 4 septembre

Espagne, France, Luxembourg / 1h25, avec Amador Arias, Benedicta Sanchez, Inazio Abrao

Amador Coro a été condamné pour avoir provoqué un incendie. Lorsqu’il sort de prison, personne ne l’attend. Il retourne dans son village niché dans les montagnes de la Galice où vivent sa mère, Benedicta, et leurs trois vaches. Leurs vies s’écoulent, au rythme apaisé de la nature. Jusqu’au jour où un feu vient à dévaster la région…

Pourquoi c’est à voir :

“Le film ne fonctionne pas avec un scénario, un récit au sens traditionnel. Le seul fil narratif est le paysan sorti de prison, où il avait été enfermé pour pyromanie, qui se retrouve accusé sans preuves par la population après un incendie. C’est un film à ressentir, qui explore la matière : la forêt, la condition paysanne, les animaux, le feu. C’est un film très poétique. Attention, cela ne veut pas dire que c’est un film intello. C’est comme si le spectateur se retrouvait parachuté en pleine campagne. “

Jeanne” de Bruno Dumont, en salles le 11 septembre

France / 2h18, avec Lise Leplat Prudhomme, Frabrice Luchini, Annick Lavieville

Année 1429. La Guerre de Cent Ans fait rage. Jeanne, investie d’une mission guerrière et spirituelle, délivre la ville d’Orléans et remet le Dauphin sur le trône de France. Elle part ensuite livrer bataille à Paris où elle subit sa première défaite.
Emprisonnée à Compiègne par les Bourguignons, elle est livrée aux Anglais.
S’ouvre alors son procès à Rouen, mené par Pierre Cauchon qui cherche à lui ôter toute crédibilité.
Fidèle à sa mission et refusant de reconnaître les accusations de sorcellerie diligentées contre elle, Jeanne est condamnée au bûcher pour hérésie

Pourquoi c’est à voir :

Sublime vitrail de couleurs, de mots, de lumières, de spiritualité, de poésies, de chants. Un film hors du temps comme une enluminure généreuse, naïve, et exigeante. Une expérience calme, recueilli, doloriste mais aussi rock and roll !

Alice et le maire” de Nicolas Pariser, en salles le 2 octobre

France / 1h43, avec Fabrice Luchini, Anaïs Demoustier, Nora Hamzawi

Le maire de Lyon, Paul Théraneau, va mal. Il n’a plus une seule idée. Après trente ans de vie politique, il se sent complètement vide. Pour remédier à ce problème, on décide de lui adjoindre une jeune et brillante philosophe, Alice Heimann. Un dialogue se noue, qui rapproche Alice et le maire et ébranle leurs certitudes…

Pourquoi c’est à voir :

“Film politique dans le bon sens du terme. Il ne s’agit pas de politique politicienne ou de militantisme forcené. Le maire de Lyon se retrouve en panne de réflexion et le contact avec une jeune femme philosophe lui permet de reformuler un peu de désir politique. C’est une réflexion extrêmement fine sur la manière dont un politique devrait s’interroger quand il pense pour ses concitoyens. L’interprétation est très belle, Luchini ne fait pas du Luchini, il est très sobre.”

Martin Eden” de Pietro Marcello, en salles le 16 octobre

Italie, France / 2h08, avec Luca Marinelli, Carlo Cecchi, Marco Leonardi, Chiara Francini, Denise Sardisco – Festival de Venise 2019 : Prix d’interprétation Masculine

À Naples, au cours du 20ème siècle, le parcours initiatique de Martin Eden, un jeune marin prolétaire, individualiste dans une époque traversée par la montée des grands mouvements politiques. Alors qu’il conquiert l’amour et le monde d’une jeune et belle bourgeoise grâce à la philosophie, la littérature et la culture, il est rongé par le sentiment d’avoir trahi ses origines.

Pourquoi c’est à voir :

Enfin un film politique romanesque et épique comme on souhaiterait en rencontrer plus souvent.
Un voyage qui convoque nos désirs de jeunesse inaboutis et les conduits vers des cimes où la raison, la sensation, et le plaisir du récit se rencontrent.
Superbe adaptation du roman de Jack London, transposée dans l’Italie du début du 20eme siècle et porté par une interprétation sans faille.

Sorry we missed you” de Ken Loach, en salles le 23 octobre

Grande-Bretagne, Belgique, France / 1h40, avec Kris Hitchen, Debbie Honeywood, Rhys Stone

Ricky, Abby et leurs deux enfants vivent à Newcastle. Alors qu’Abby travaille avec dévouement pour des personnes âgées à domicile, Ricky enchaîne les jobs mal payés ; ils réalisent que jamais ils ne pourront devenir indépendants ni propriétaires de leur maison. Une réelle opportunité semble leur être offerte par la révolution numérique : Abby vend alors sa voiture pour que Ricky puisse acheter une camionnette afin de devenir chauffeur-livreur à son compte. Mais les dérives de ce nouveau monde moderne auront des répercussions majeures sur toute la famille…

Pourquoi c’est à voir :

“C’est un film d’une noirceur absolue. Fascinant car c’est un vieux réalisateur qui regarde une famille contemporaine et fait le terrible constat de l’impasse dans laquelle est tombée la société aujourd’hui, avec l’ubérisation du travail, les crédits, le manque de soutien social et la loi de la jungle. A cela s’ajoutent les problèmes traditionnels de la famille, l’incompréhension avec l’adolescent, etc… ”

“On va tout péter” de Lech Kowalski

France / 1h49, avec acteurs inconnus

Un mix de blues et de rock and roll : voilà le secret d’une révolte réussie. Quand je suis arrivé en plein cœur de la France dans l’usine d’équipement automobile GM&S menacée de fermeture, j’ai senti qu’un concert exceptionnel allait s’y donner. Il le fut : paroles inventées par des salariés poussés au-delà des limites du supportable, musique écrite par des êtres humains déterminés à bouleverser toutes les règles, y compris celles de la lutte… Et comme le son était suffisamment fort pour attirer les médias nationaux, le concert a résonné dans le pays tout entier. J’étais là, caméra en main, composant mon film grâce au lyrisme déchaîné de ces hommes et de ces femmes, en retrait, mais avec eux.

Pourquoi c’est à voir :

Magnifique tentative de nous faire vivre un combat politique de l’intérieur.
Point de leçon, point de dogme, point de complaisance… La vérité d’un combat perdu d’avance mais qui nous convie à un sentiment d’empathie vis à vis de ces combattants pour une société plus juste. Quand révolte et humanité se rencontrent…
Lech Kowalski est un cinéaste de l’écoute. Ici l’égo reste à la porte, seul compte le collectif passé au filtre de son œil comme la pertinence d’un fil dans le chas d’une aiguille.

Merci à Henri Denicourt de s’être prêté au jeu !

Crédit photo image top : Alice et le maire, BAC Films

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