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Entretien avec Borja de Miguel, directeur de production du Festival Cinehorizontes

Actus

Publié le : Lundi 5 octobre 2026

Du 8 au 17 octobre, le Festival CineHorizontes, festival du cinéma espagnol de Marseille, fête ses 25 ans ! Au programme : dix jours de festivals, une cinquantaine de films, six salles marseillaises et une trentaine de rendez-vous hors les murs dans toute la région, ainsi que de nombreuses rencontres avec des cinéastes et professionnels du cinéma.

Séances Spéciales s’est entretenu avec Borja de Miguel, directeur de production du festival.

Pour les 25 ans du festival, pourquoi avoir choisi de regarder la jeunesse plutôt que de faire un bilan rétrospectif ?

L’idée d’une édition plus rétrospective a également été envisagée, mais nous avons finalement préféré tourner notre regard vers le présent : le cinéma fait par les jeunes, les nouvelles générations de cinéastes espagnols, avec plusieurs films en Compétition et en Panorama. Indirectement, c’est aussi un regard vers le futur, car les nouveaux réalisateurs d’aujourd’hui seront probablement les grands noms de demain. Le Focus « J’ai 25 ans ! » nous semble offrir un bon équilibre entre passé et futur : 25 ans est un âge très respectable pour un festival de cinéma, tout en marquant le début de la vie adulte pour un être humain, c’est-à-dire la jeunesse. Et ce Focus réunit aussi des films réalisés dès les années 1960 par des cinéastes qui avaient eux-mêmes environ 25 ans à l’époque : Carlos Saura, Pedro Almodóvar, Montxo Armendáriz…

Comment a été construit le Focus “Être jeune… à l’espagnole” ?

Au départ, il y avait un clin d’œil : celui d’un festival qui fête ses 25 ans et de tous les films réalisés et interprétés par des vingtenaires au cours des dernières décennies du cinéma espagnol. En regardant la liste, nous nous sommes rendu compte qu’au-delà de leurs qualités individuelles, ces films permettaient de lire l’évolution sociale, politique et intime de toute une société. Depuis les années 60, l’Espagne est passée d’une dictature à un pays de référence internationale pour les luttes féministes et sociales, en traversant les périodes passionnantes de la Transition et de la Movida.
Nous n’avons pas pu programmer tous les films que nous aurions voulu, car il y en avait trop. Nous pensons toutefois que la sélection est très satisfaisante et qu’elle invite le public à aller plus loin.

Arrebato d’Iván Zulueta © Tamasa Distribution

Comment Paul B. Preciado est-il devenu président du jury, et qu’apporte un philosophe à ce rôle ?

Tout part du film Arrebato, d’Iván Zulueta, que nous avons choisi pour le Focus. Nous cherchions quelqu’un pour présenter ce film exceptionnel et complexe, mais un peu compliqué pour ceux qui ne sont pas familiers du cinéma d’auteur. Nous avons découvert que Preciado le connaît très bien et qu’il avait participé à un débat à ce sujet au Centre Pompidou, à Paris. C’était la personne idéale, d’autant plus qu’il est espagnol. Nous l’avons donc contacté et lui avons aussi proposé de présider le jury.

Il nous a demandé de présenter également Pepi, Luci, Bom y otras chicas del montón, d’Almodóvar. Nous programmons aussi son documentaire Orlando, ma biographie politique. C’est ainsi que Preciado est devenu l’invité central de cette édition, aux côtés d’Anna Saura, la fille de Carlos Saura, qui vient présenter un documentaire sur son père et qui est la marraine de notre 25e édition. Ne manquez pas sa masterclass le dimanche 11 octobre !

Pouvez-nous nous parler des invités de cette édition et des temps forts qui accompagnent la programmation ?

Au-delà de Preciado et Saura, nous avons de grands noms comme Fernando Franco, qui vient avec deux films en deux compétitions différentes ; José Ángel Mañas, auteur du roman “Historias del Kronen”, devenu film culte dans les années 1990, et qui au-delà de présenter le film donnera une conférence à l’Alcazar ; Ian de la Rosa, Marta Matute et Irene Bailo, trois jeunes réalisateurs qui participent à la Grande Compétition avec leurs films ; et n’oublions pas Francesco Carril, que vous connaissez peut-être pour être le personnage principal de la série de Rodrigo Sorogoyen Los años nuevos et qui présentera à Marseille un film de Jonás Trueba (La Reconquista) et un autre d’Isabel Coixet (Trois adieux). Mais il y a aussi une expo photo de Cecil Ka à la Mairie 1er/7e, une fête Queer Me à La Baleine, un bal sévillan aux Variétés…

Que représentent ces 25 ans pour l’équipe, et quelle évolution vous marque le plus depuis la première édition ?

Comme je le disais, ces 25 ans représentent un équilibre entre longévité et passion de la jeunesse. Nous regardons à la fois avec fierté tout ce que nous avons fait jusque-là et nous rêvons dans l’insouciance de tout ce que nous avons encore envie de faire. Nous voulons surtout regarder vers l’avenir, accompagnés par la jeunesse : c’est ce que nous avons cherché à faire cette année.

Rendez-vous du 8 au 17 octobre 2026 pour le Festival Cinehorizontes.

Plus d’infos ici. 

Crédits photo top : La Bola Negra de Javier Calvo, Javier Ambross © Le Pacte, présenté en Grande Compétition
Entretien réalisé par Lola Antonini

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