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Rénovation des Variétés à Marseille – Entretien avec Jean Mizrahi

Entretien avec...

A la fin de l’année 2016, Jean Mizrahi et son groupe Ymagis se positionnaient pour le rachat des cinémas César-Variétés. Une nouvelle plus que bienvenue pour les spectateurs de ces deux salles Art et Essai du centre-ville menacées de fermeture.

Après une annonce d’ouverture du cinéma Les Variétés pour janvier 2019 finalement repoussée au vu des retards pris par les travaux (principalement dus à la présence d’amiante dans l’édifice), les marseillais n’ont jamais été aussi proches de retrouver leur cinéma comme neuf.
Nous avons profité du Festival de Cannes pour rencontrer Jean Mizrahi, et discuter de l’avenir du Variétés, du César, de sa vision de la salle de cinéma et de ses futurs projets à Marseille.
Plan d’architecte du futur hall, Crédits photos : Atelier Lalo
Plan d’architecte de l’intérieur du cinéma, Crédits photos : Atelier Lalo
Cinéma le César, Photo David Rossi
Jean Mizrahi, dirigeant de la société Ymagis, Crédits photos : AFP/Eric Piermont
─  Où en sont aujourd’hui les travaux du Variétés ? A quoi ressemblera le cinéma une fois la rénovation achevée ?

Aujourd’hui, les travaux de gros œuvre sont terminés. Nous avons procédé à une restructuration profonde du bâtiment et à sa mise aux normes, notamment pour l’accès handicapé et le désenfumage. Les Variétés seront très différents en terme de structure architecturale.

La partie hall change complètement, la caisse est déplacée sur le côté, sans rupture avec l’entrée. L’entrelacs d’escaliers a été cassé pour laisser place à un escalier central métallique qui va desservir l’ensemble des salles. Un ascenseur a été ajouté pour l’accès handicapé. Les quatre salles du haut sont conservées. Nous avons fait le choix d’installer des sièges plus confortables, plus larges, quitte à en réduire le nombre.

La plus grande salle passe ainsi de 232 à 200 environ. Les Variétés restent dans une jauge à peu près similaire, 580 à 540 mais avec deux salles de plus, une de 55 et une de 35 fauteuils. Les écrans ne changent pas, les tailles restent les mêmes et le son sera complètement refait. Un café restaurant sera intégré au cinéma dans un second temps, d’ici septembre-octobre.

L’ouverture du cinéma est désormais attendue d’ici la fin de mois de juin-début du mois de juillet.

─  Quel sera le positionnement des Variétés, conservera-t-il sa programmation Art et Essai à laquelle les spectateurs étaient très attachés ?

Le positionnement des Variétés reste celui de l’Art et Essai, avec une place accordée aux reprises, afin que les films restent plus longtemps. Nous proposerons également au public des rééditions et du cinéma de patrimoine. Des semaines thématiques pourront structurer la programmation. Pour les matinées, nous réfléchissons à autre chose que du cinéma, notamment des conférences, de l’enseignement.

Aujourd’hui, pour sortir de chez soi, il faut qu’il y ait une motivation, par exemple voir un grand film avant tout le monde. C’est pourquoi je souhaite renforcer la structure et l’équipe sur l’animation et l’événementiel. De la même manière, nous allons travailler davantage sur l’accueil des festivals, sur les partenariats avec des théâtres et autres institutions culturelles. L’idée est que ce soit un vrai lieu de vie, nous intégrerons une petite bibliothèque, avec un espace pour enfants, où les gens pourront flâner, consulter des livres, boire le café.

─  A l’heure où de nouvelles salles ont ouvertes à Marseille, comment comptez-vous capter de nouveaux publics ? La politique tarifaire va-t-elle évoluer ?

En premier lieu, beaucoup de gens ne venait plus aux Variétés vu l’état saumâtre du cinéma. Il y a également un travail d’information à mener, car beaucoup de publics potentiels ne sont pas au courant de ce qu’il s’y fait. Nous avons également une carte d’abonnement et nous réfléchissons à intégrer d’autres réseaux d’abonnement, ce qui permettrait de toucher de nouveaux publics en étant complémentaire à d’autres programmations plus grand public.

La politique tarifaire va évoluer un petit peu vers le haut, tout en restant en dessous des prix du marché.

─  Vous évoquez beaucoup l’événementiel ? C’est l’avenir de la salle selon vous ?

Aujourd’hui, les séances pleines sont seulement les avant-premières et les événements. La salle de cinéma va de plus en plus vers l’événement, car c’est ce qui rassemble le public.

Ainsi, je ne vois pas le débat sur la potentielle réforme de la chronologie des médias comme une impasse. La salle peut accueillir beaucoup de contenus au-delà des films traditionnels. Certains épisodes de série sont par exemple de grande qualité. Je pense que la salle va aller dans cette direction. C’est pour le moment une question de droits, de contrats d’auteurs, il faut le temps de normaliser les appareils juridiques.

─  Après les Variétés, ce sera au tour du César d’être rénové ?

Pour le César, des rénovation légères, moquettes, teintures et sièges, sont à envisager cette année. Puis une restructuration viendra, j’ai envie de tester une nouvelle formule différente des Variétés, encore plus confort, tout en restant Art et Essai. J’ai noté cette évolution dans les pays anglo-saxons, avec moins de sièges mais plus de confort. Je souhaite développer une offre inédite à Marseille. Le César avec ses 3 salles est une salle hybride, ce n’est pas une grande salle comme les Variétés (7 salles), et pas non plus un mono-écran. Il est donc nécessaire de trouver un positionnement face à ses concurrents directs.

─  Comment avez-vous senti l’accueil à Marseille ? Qu’est ce qui vous a décidé d’investir ici ?

Quand l’opportunité d’investir s’est présentée, je l’ai saisie sans hésiter, car je crois aux salles de centre-ville. L’accueil a été très sympathique. La Région nous a aidé. La Ville fait aussi de son mieux.

─  Cet investissement à Marseille n’est pas le seul que vous menez, vous avez également un projet lié à la réalité virtuelle ?

En effet, je souhaite ouvrir une salle de VR (acronyme de l’anglais Virtual Reality) au Cours Lieutaud. Des affinités existent entre le cinéma et la réalité virtuelle, mais le projet est indépendant de celui du César-Variétés. Il s’agira d’un espace de 1000m², dédié à des jeux collectifs, des escape games, en réalité virtuelle. Nous avons développé le concept à Paris, l’endroit s’appelle Illucity La Villette et cela marche très bien. L’idée est d’aller plus loin à Marseille, de développer un parc d’aventures à l’intérieur de la ville avec une qualité visuelle à la pointe.

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Entretien réalisé par Sylvain Bianchi.

Image top : Plan d’architecte de la future façade ; Crédits photos : Atelier Lalo

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