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Entretien avec Sophie Boudre, réalisatrice d’Un petit miracle

Entretien avec...

Publié le : Lundi 3 mai 2021

Sur le tournage d’Un petit miracle, film intergénérationnel produit par Vendôme Films, nous avons rencontré la réalisatrice Sophie Boudre, dont c’est le premier long-métrage. Tourné pendant deux mois dans le Pays d’Aix, entre Ventabren et Puyricard, le film met en images la rencontre entre deux générations : les enfants et leurs aînés. La réalisatrice est revenue pour nous sur le projet, son travail et son approche de la direction d’acteurs, notamment les plus jeunes…
Pouvez-vous revenir sur la genèse de ce projet ?

L’idée de départ est inspirée d’un projet de documentaire dont j’avais eu vent sur une crèche installée dans une maison de retraite aux Etats-Unis. La directrice soulignait les effets positifs de la cohabitation entre des enfants de 3 et 6 ans et des personnes âgées. J’ai eu envie de creuser ce sujet intergénérationnel. Je connaissais très bien Phillipe Rousselet (Vendôme Films), auquel j’ai fait part de l’idée. Cela lui a plu tout de suite et nous avons pu travailler l’écriture d’un scénario avec plusieurs co-scénaristes, d’abord Emilie Frèche pendant deux ans, puis Sarah Kaminsky et Julie Manoukian.

L’action du film se situe dans le sud de la France, qu’est-ce qui a entrainé ce choix ?

En effet, nous avons tourné tous les extérieurs à Ventabren et on sent vraiment que ce n’est pas en région parisienne mais bien un village provençal. Même si nous avons beaucoup tourné à l’intérieur de l’Ehpad, on a essayé de mettre cette petite touche provençale sur tous nos extérieurs.

Pour que le film fonctionne, il faut que l’école détruite soit une petite école rurale, et non proche d’une grande agglomération, pour que l’institutrice n’ait pas la possibilité de dispatcher ses élèves dans les villes à proximité. Il faut sentir l’isolement du village pour rendre crédible la solution d’urgence qui est celle de trouver une pièce dans le village pour continuer la classe, ici au sein de la maison de retraite.

Le décor de la maison de retraite est central dans l’intrigue. Comment l’avez-vous envisagé ?

Je ne voulais pas quelque chose de trop hospitalier, de trop glauque. Je voulais plutôt une maison de retraite assez loufoque, pas très aux normes, mais où je pouvais quand même trouver des décors, des couloirs qui évoquent l’aspect médical. On a beaucoup retravaillé les décors, je voulais que ce soit assez poétique, en restant vrai et réaliste.

Je tenais au décor réel afin de profiter de la lumière naturelle. La décoration a fait un gros travail aussi. On a vraiment réaménagé des pièces pour créer un réfectoire, une classe, un bureau des infirmières… Ils ont été fantastiques.

Pour l’élaboration du casting, aviez-vous en tête des acteurs ou actrices en particulier au cours de l’écriture ?

Quand j’ai écrit le personnage de Juliette, l’institutrice, j’ai assez vite eu Alice Pol (Supercondriaque (2014), Les Vieux fourneaux (2018)…) en tête parce que je trouve qu’elle est solaire, énergique, pétillante, volontaire… Tout ce qu’est le personnage de Juliette. Quant à Jonathan Zaccaï (Le Bureau des légendes), j’ai toujours été fan de cet acteur. Je trouvais qu’il avait assez de justesse pour faire Antoine (le directeur de la maison de retraite), qu’il interprète à merveille. Eddy Mitchell, c’est simple, j’ai toujours rêvé de travailler avec lui et il a accepté le scénario. Je trouve qu’il campe un Edouard (pensionnaire de la maison de retraite) ronchon totalement merveilleux, avec beaucoup de tendresse parce qu’il a ça au fond de lui.

On sait que le travail avec des enfants est toujours un exercice délicat, même si vous avez de la pratique grâce à vos expériences dans la publicité. Comment avez-vous procédé pour ce film, depuis le casting jusqu’à la direction d’acteurs ?

J’ai vu à peu près 300 enfants, grâce au travail de deux directrices de casting : Florie Carbonne et Sandie Perez. Une fois que j’avais une première sélection, nous les avons fait revenir plusieurs fois avant de choisir car les enfants peuvent changer d’une performance à l’autre.

Pour ce qui est de la direction d’acteurs, il faut les laisser extrêmement libres au début, qu’ils aient leurs propres intentions et leur propre spontanéité. Après, il peut survenir une petite tendance à réciter automatiquement. Donc quand je sens que ça commence à devenir mécanique, je vais les diriger avec ce que j’appelle le côté « perroquet » : en leur donnant des intonations à répéter, ce qui désamorce un peu la mélodie qu’ils ont en tête. Finalement, on leur demande d’être à la fois spontanés mais aussi très techniques, par exemple dans leurs emplacements face à la caméra, donc c’est quand même très exigeant ! Mais tous les enfants que j’ai eu pour ce film avaient une base assez géniale. On sent que ce sont des enfants qui prennent plaisir à jouer, qui sont assez inventifs. Il faut juste les sortir de leur mélodie.

Ce film est votre premier long métrage, après des années d’expériences dans la publicité. Qu’est-ce qui a pu vous aider dans ces expériences précédentes pour la réalisation ce premier film ?

La précision. Les formats de publicités sont des formats très courts, de trente secondes, il faut être extrêmement précis sur l’émotion, sur une mimique. C’est ce que la publicité m’a appris. La direction artistique également, même si dans la publicité on a tendance à embellir les choses, cela m’a appris à être vigilante sur l’image. Les objets ont une place précise, les enfants ont une place précise. Les couleurs, la lumière… C’est ce qui fait un film. Chaque détail n’est pas innocent. Mais au-delà de l’esthétique, très marquée dans la pub, ce qui doit rester d’un film, c’est la spontanéité et surtout le jeu d’acteur. Avant toute chose, je veux être embarquée par le jeu.

En parlant de jeu et de spontanéité, donnez-vous une place à l’improvisation sur le plateau ou tout est écrit à l’avance ?

L’improvisation a une large place. J’improvise beaucoup, notamment avec les enfants car cela permet de les sortir du texte, de leur redonner quelque chose de plus impulsif, de plus aérien, de plus léger. C’est souvent quand on improvise que des choses extraordinaires se passent.

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Entretien réalisé par Sylvain Bianchi.

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