Les Rendez-vous d’automne, du 16 au 25 octobre
Pour sa 28e édition, Les Rendez-vous d’automne du Cinématographe à Château-Arnoux-Saint-Auban proposent 11 films, dont 7 en avant-première, ainsi que 5 rencontres exceptionnelles. Plus d’infos ici.
Rencontre avec Anaïs Rinaldi, programmatrice pour Les Rendez-vous d’automne
Comment avez-vous pensé cette 28e édition ?
Nous avons visionné énormément de films, car nous avons la chance que les distributeurs jouent le jeu et nous en envoient beaucoup. Cette année, nous sommes vraiment très satisfaits de la sélection. La fréquentation est repartie : au niveau national, on respire un peu et on retrouve des entrées quasi normales, même si on n’y est pas tout à fait. Nous ne sommes plus à -20 ou -25 % comme il y a quelques mois, après l’été que nous venons de traverser. Les films que nous avons vus nous enthousiasment et laissent présager de belles choses pour la suite : la programmation à venir est encore très riche. Nous sommes donc plutôt rassurés, et surtout enthousiastes.
Nous avons également la chance de proposer de belles avant-premières, notamment Voilà, c’est fini de Gustave Kervern et On était des loups de François Busnel. Ce qui nous a le plus enthousiasmés dans cette sélection, ce sont les premiers films, qu’il s’agisse de Ce qui nous mène à toi de Khalil Cherti ou des Filles d’Abraham de Hanaël El Yousfi. On y trouve une qualité d’écriture, de mise en scène et de direction d’acteurs assez remarquables. Ces films montrent à quel point le cinéma français est riche, et combien les jeunes talents ont de choses à raconter. C’est vraiment stimulant.
Quels sont les défis de la programmation en zone rurale, notamment pour le festival ?
Programmer est un exercice difficile : il faut faire des choix, tout en essayant de s’adresser à tous les publics et de n’en oublier aucun. Comme nous n’avons que trois salles, certaines périodes de l’année sont très compliquées. Mais pour le festival, les problématiques sont tout autres. Les Rendez-vous d’automne s’adressent avant tout à notre public cinéphile. La programmation commerciale, destinée aux vacances familiales, est assurée dans les autres salles. Les Rendez-vous, c’est une façon de nous faire plaisir et de faire plaisir à notre public abonné à l’année. Nous savons qu’avec un Kervern ou un Busnel, certains spectateurs viennent de plus loin, surtout pour Busnel, dont la notoriété dépasse un peu le cadre du cinéma. Mais notre envie, c’est surtout de faire découvrir, notamment des premiers films, et de permettre des rencontres avec les spectateurs qui nous suivent toute l’année. Les enjeux de programmation du festival n’ont rien à voir avec ceux du reste de l’année.
Nous programmons également le film inachevé de Marcel Pagnol, La Prière aux étoiles. C’est une vraie folie, et nous sommes ravis de pouvoir le proposer : l’histoire est incroyable. Nous avions déjà organisé des rétrospectives Pagnol les années précédentes et elles avaient bien fonctionné. Notre public, en région PACA, est plutôt friand de son cinéma : c’est un incontournable. Pagnol souhaitait refaire une trilogie et avait tourné un premier film en entier. Mais sous l’Occupation, les droits devaient être récupérés par les Allemands. Pour l’en empêcher, il a détruit lui-même ses bobines à coups de hache. On pensait donc le film perdu à jamais.
C’est, je crois, un peu par hasard qu’un étudiant en a retrouvé des bobines dans les archives du CNC en 2023. Nicolas Pagnol, le petit-fils de Marcel Pagnol, travaille beaucoup à la mémoire de son grand-père. Il détient les droits et c’est aussi lui qui a favorisé les restaurations : il y a eu de nombreuses rétrospectives Pagnol avec l’ADRC, présentées en copies restaurées. Il a également œuvré à la restauration de La Prière aux étoiles. Le film est inachevé : il manque la fin. Pagnol l’avait tournée, mais comme il a tout détruit, elle n’a jamais été retrouvée, et il n’a laissé aucune indication, aucun scénario sur ce dénouement. C’est assez frustrant : le film dure 1h30 et s’interrompt brusquement. Mais l’ensemble reste très joyeux, surtout pour nous, ici, localement : les gens aiment Pagnol. Les rétrospectives ont bien marché et le public était ravi de revoir des Pagnol restaurés sur grand écran, beaucoup d’entre eux ne les ayant vus qu’à la télévision. Découvrir un inédit, un film de Pagnol qu’on n’a jamais vu, c’est un vrai bonbon.
Qu’est-ce qui a évolué en 28 éditions de festival ?
La fréquentation a changé, et le public a vieilli : il vient donc peut-être moins. Il y a aussi beaucoup de propositions. Il fut un temps, que je n’ai pas connu, où les spectateurs étaient prêts à venir plusieurs fois dans la semaine, peut-être pas huit fois, mais presque. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Après le Covid, la période a été difficile. Depuis 2024, qui a été une édition plutôt forte, nous constatons que les gens sont de nouveau prêts à revenir deux ou trois fois dans la semaine, plutôt qu’une seule fois comme c’était le cas ces dernières années. En ce moment, nous sentons que les rencontres aident à faire venir le public : les avant-premières et les rencontres exclusives incitent davantage les spectateurs à se déplacer.
Autrefois, et ce n’est pas propre aux rencontres, le public était plus enclin à découvrir des films qu’il ne connaissait pas encore. Aujourd’hui, on le constate à l’échelle nationale, par exemple avec des mercredis bien moins forts qu’avant : les gens ont davantage besoin d’entendre parler d’un film, d’être rassurés par le bouche-à-oreille pour savoir que la sortie vaut le coup. La curiosité pour l’inconnu s’est amoindrie.
Cette année, pour ces deux avant-premières, nous pouvons compter sur la notoriété de Gustave Kervern et de François Busnel : le public vient pour eux. La promotion va bientôt commencer, et ce sont de belles avant-premières, mais comme les films ne sortent qu’en mars, nous n’avons ni affiche ni bande-annonce à montrer. Pour les premiers films, c’est un peu un saut dans l’inconnu. Il faut donc que les spectateurs fassent confiance à leur cinéma et à leur programmateur pour avoir la curiosité de venir. C’est là, le défi.
La programmation
VOILÀ, C’EST FINI
de Gustav Kervern
Soirée d’ouverture le vendredi 16 octobre à 20h
Avant-première en présence du réalisateur
France / 2026 / 1h41
Île Maurice. Une histoire d’amour nait entre Pierre, employé d’hôtel, et Louise, touriste française. Il lui montre une autre facette de son pays : plages sauvages, vie nocturne, rues populaires… Chacun à sa manière rêve d’ailleurs et d’émancipation. Mais le départ de Louise approche et Pierre se tend à l’idée de rester sur cette île qu’il veut quitter à tout prix. Il jouera le tout pour le tout pour tenter d’échapper à un futur programmé d’avance.
CE QUI NOUS MÈNE À TOI
de Khalil Cherti
Samedi 17 octobre à 18h30
Avant-première en présence du réalisateur
France / 2026
Charlie et Hicham, la trentaine, s’aiment follement mais ne parviennent pas à avoir d’enfant : leur couple est confronté à l’infécondité. Ils entament alors un parcours d’Aide Médicale à la Procréation. Pendant trois ans, entre espoirs et déceptions, ils vont mettre leur amour et leurs corps à l’épreuve, vivre une odyssée qui va les bouleverser…
LA PRIÈRE AUX ÉTOILES
Film inachevé de Marcel Pagnol
Dimanche 18 octobre à 15h45
France / 1941
Florence rencontre Pierre à la foire du Trône. Ils se jurent un amour éternel et partent sous le soleil du Midi. Cependant la jeune fille cache un lourd secret. Son protecteur a la délicatesse de s’effacer mais Pierre est prêt à tout gâcher. Pourtant la douceur et l’amour pur de Florence réussiront à apaiser sa colère.
LES FILLES D’ABRAHAM
de Hanaël El Yousfi
Mardi 20 octobre à 18h30
Avant-première en présence de la réalisatrice
France / 2026 / 1h33
Après plusieurs années de rupture, Myriam, jeune femme de culture musulmane qui grandit à Marseille, renoue durant les vacances d’été avec Eva, issue d’une famille juive. Ensemble, elles vivent leur jeunesse hors des cadres imposés. Mais cet été d’insouciance se fissure lorsqu’un drame bouleverse l’équilibre de leur cercle social et familial, et bientôt, leurs propres destins.
LE CORSET
de Louis Clichy
Mercredi 21 octobre à 14h
Ciné-goûter
France, Belgique / 2026 / 1h30
Dans une ferme au cœur de la Beauce, Christophe, 11 ans, règle ses pas sur ceux de son père. Mais à l’école, à la maison, sur le tracteur, Christophe penche… et tombe. Il est obligé de porter un corset pour filer droit. Tandis que la ferme traverse des moments difficiles, Christophe grandit comme il peut. Il découvre la musique et fait la rencontre de Clara, avec qui tout semble devenir possible.
SHAUN LE MOUTON : LA BÊÊÊTE D’HALLOWEEN
de Steve Cox et Matthew Walker
Mercredi 21 octobre à 14h
Ciné-goûter
Grande-Bretagne / 2026 / 1h20
A Halloween, les habitants de la ferme de Mossy Bottom se réjouissent des festivités, jusqu’à ce que le Fermier maladroit saccage les citrouilles bien-aimées du troupeau. Lorsque Shaun se transforme en scientifique fou pour résoudre le problème, les choses dérapent : le Fermier disparaît et une bête sauvage rôde dans les bois.
UN BON PETIT SOLDAT
de Stéphane Brizé
Jeudi 22 octobre à 18h30
Avant-première
France / 2026 / 1h42
Nouvellement embauchée dans le département des Ressources Humaines d’une grande compagnie d’assurances, Carla Moretti doit travailler à réconcilier le bien-être des salariés avec les objectifs de performance de l’entreprise. Jusqu’à ce qu’elle découvre un cas de management toxique dans un des services dont elle a la responsabilité. Entre compromis et compromissions, la ligne de crête sur laquelle elle évolue devient de plus en plus étroite.
ON ÉTAIT DES LOUPS
de François Busnel
Vendredi 23 octobre octobre à 20h
Avant-première en présence du réalisateur
France, Canada, Belgique / 2027
Étrangers l’un pour l’autre, un père et son fils partent ensemble dans la nature sauvage, au bout des grands espaces, pour apprendre à s’apprivoiser.
LES FLEURS DU SOLEIL
de Vittorio de Sica
Samedi 24 octobre à 18h
Avant-première de la version restaurée
Soirée Italie – Buffet italien offert
France, Italie, URSS / 1969 / 1h48
Seconde Guerre mondiale. Giovanna épouse Antonio pour tenter de retarder son incorporation dans l’armée italienne. Appelé malgré tout sur le front de l’Est, Antonio est porté disparu à la fin de la guerre. Persuadée que son mari est vivant, Giovanna part en Union soviétique pour tenter de le retrouver.
RIZ AMER
de Giuseppe de Santis
Samedi 24 octobre à 21h
Soirée Italie – Buffet italien offert
Italie / 1949 / 1h50
Après avoir volé un collier, un jeune voyou, Walter, et sa complice, Francesca, se mêlent à un convoi de travailleuses qui part vers les rizières. Reconnu par la police, Walter est contraint de se cacher tandis que Francesca réussit à passer pour une des femmes qui partent travailler. Mais Silvana, une travailleuse, va, pour son malheur et celui de Walter, s’intéresser à leur histoire.
LES JOURS D’APRÈS
de Stéphanie Pillonca
Dimanche 25 octobre à 18h – Soirée de clôture
Avant-première en présence de la réalisatrice
France / 2027
Dans un charmant village de campagne, Louise, la cinquantaine, revient seule dans sa maison natale pour la vider. Entre les retrouvailles avec ses amis d’enfance, la beauté de la nature, les passages de ses enfants et de son mari, et la complicité renaissante avec Marc, son amour de jeunesse, elle se découvre portée vers un nouvel élan : se réinventer, interroger ses désirs, se réconcilier avec soi-même. Une étape de vie charnière où toutes les femmes peuvent choisir d’avancer, s’autoriser à rebondir et ouvrir un nouveau chapitre vers l’avenir.
Crédit photo top : Les Filles d’Abraham de Hanaël El Yousfi © Les Films du Losange










