Histoires de Cinéma

A Table ! Manger au cinéma

Du 17 octobre 2019 au 19 mars 2020

Films, conférences et dégustations

Cette année, Histoires de cinéma se met à table. Du Repas de bébé des frères Lumière (1895) à The Square de Ruben Östlund (2017), le cinéma regorge de scènes cultes : joyeuses, cruelles ou transgressives, elles s’affirment toujours comme de vifs moments de tension dramatique qui, en l’espace de quelques plans, en disent beaucoup sur la vie sociale ou amoureuse des protagonistes.

Les six films sélectionnés dans ce cycle gourmand donneront à voir un vagabond qui souffre autant quand il mange que lorsqu’il jeûne (La Ruée vers l’or), un insatiable buveur de sang (Nosferatu), un chef taïwanais qui ne s’exprime que par ses créations culinaires (Salé-sucré), des romains orgiaques (Satyricon), un patriarche dont le repas d’anniversaire se transforme en tragédie familiale (Festen), un organisateur de pique-nique mondain séduit par une jeune serveuse (Le Déjeuner sur l’herbe).

Cerise sur le gâteau, d’octobre à décembre 2019, cinq animations culinaires proposées par Les Grandes Tables compléteront ces interventions : couper, fouetter, saisir, pocher… les gestes de cuisine s’installent en fond de scène afin de révéler les parfums et les goûts, invitant le public à entrer autrement dans l’univers du film. Conférences et dégustations s’entremêlent ainsi pour une introduction particulière et voir différemment la place de la cuisine au cinéma.

Les films du cycle :

La Ruée vers l’or de Charles Chaplin

The Gold Rush (version restaurée)
Etats-Unis, 1929, 1h12, avec Charles Chaplin, Georgia Hale, Mack Swain, Tom Murray
1898, Nord-Ouest du Canada. Alors que des milliers d’aventuriers arpentent le Klondike en quête du métal précieux, Charlot est surpris par une tempête de neige. Il trouve refuge dans une cabane isolée et fait la rencontre de Big Jim McKay et du terrible Black Larsen.

“Charlot ou l’éternelle disette” : Conférence par Vincent Thabourey

A la ville comme à l’écran, les journées de Chaplin/Charlot sont rythmées par les repas : ceux dont il rêve et ceux qu’il parvient à resquiller grâce à d’invraisemblables stratagèmes. Sa lutte permanente pour parvenir à se rassasier est un puissant moteur narratif, autant qu’un enjeu de mise en scène. Qu’il s’agisse de la soupe servie aux émigrants sur un bateau à destination de l’Amérique, ou de la cuisson d’un oeuf dur au sein d’une petite compagnie de cirque, l’ingurgitation est souvent douloureuse, toujours périlleuse mais immanquablement drôle. Et que dire de la machine folle inventée par les patrons productivistes des Temps Modernes ? Quand le burlesque passe à table, le cinéma bouscule les usages et les conventions, transformant ainsi une simple semelle de chaussure en un mets d’exception.

L’intervenant : Vincent Thabourey est délégué général de Cinémas du Sud & tilt. Il anime régulièrement des séances de ciné-clubs et des formations sur le cinéma et son histoire. Il est également critique de cinéma à la revue mensuelle Positif et auteur de Marseille mise en scènes, La Côte d’Azur mise en scène (Espaces et signes) et Propos sur l’amour au cinéma (L’art dit).

Nosferatu, fantôme de la nuit de Werner Herzog

Nosferatu, Phantom der Nacht
Allemagne-France, 1978, 1h45, avec Klaus Kinski, Isabelle Adjani, Bruno Ganz, Roland Topor, Walter Ladengast, Clemens Scheitz, Jacques Dufilho
En 1838, Thomas Hutter quitte sa jeune femme Ellen pour le château du comte Orlok dans les Carpates. Hutter découvre que le comte est en fait Nosferatu le vampire dont il devient la victime. Nosferatu embarque alors sur un voilier avant de s’installer à proximité de Hutter et d’Ellen.

“Cinégastronomies fantastiques” : Conférence par Guy Astic

Manger ou être mangé : dure loi de la nature et enjeu majeur du cinéma fantastique et d’horreur. Les vampires y ont les crocs, mais aussi d’autres créatures promptes à dévorer ; sans compter les monstres bien réels (la famille dégénérée de Massacre à la tronçonneuse, Hannibal Lecter, gourmet cannibale ; le colonel Landa et l’apfelstrudel de Inglourious Bastards). La convivialité autour d’une table peut vite tourner au cauchemar (Alien, ÇA, Indiana Jones et le temple maudit, Midsommar). Et il n’est pas bon de s’attarder dans certaines auberges (Les Sorcières de Zugarramurdi, Nuits de cauchemar), certaines boucheries ou fast-food (Sweeney Todd, Poultrygeist, Les Bouchers verts) …

L’intervenant : Auteur d’ouvrages sur les cinéastes David Lynch, Stephen King et sur le fantastique en général, Guy Astic est enseignant de lettres et de Cinéma/Audiovisuel au lycée Paul Cézanne d’Aix-en-Provence. Directeur des éditions Rouge Profond, il assure depuis 2017 la présidence du Festival Tous Courts d’Aix-en-Provence.

Les dates :

ME 20 Nov – 19h30
Le Gyptis – Marseille
Une animation culinaire proposée par Les Grandes Tables accompagnera la séance

VE 22 Nov – 18h30
Le Rocher – La Garde

SA 23 Nov – 20h
Les Lumières – Vitrolles

DI 24 Nov – 18h
La Strada – Mouans Sartoux

LU 25 Nov – 20h
Espace Robert Hossein – Grans

MA 26 Nov – 19h
Cinéma Jean Renoir – Martigues

Salé, sucré d’Ang Lee

Eat Drink Man Woman
Taïwan, 1994, 2h03, avec Sihung Lung, Yang Kuei-Mei, Wang Yu-Wen
Chu, le plus grand chef cuisinier de Taipei élève seul ses trois filles : Jen, professeur de chimie à la religiosité exacerbée, Kien, businesswoman rêvant de prendre son indépendance et Ning, étudiante, qui travaille dans un fast-food. Leur vie de famille est réglée par les rituels des repas.

“L’Asie de tous les délices” : Conférence par Pascal-Alex Vincent

Qu’importe sa nationalité, le cinéma s’est souvent mis à table. Mais du côté du cinéma asiatique, les repas peuvent vite devenir une affaire de famille, ou une affaire de coeur. Autour de la table, les conflits s’amorcent ou prennent fin, les histoires d’amour commencent, et personne n’est jamais rassasié. De Tokyo à Taipei, de Hong-Kong à Séoul, c’est un festin pour les papilles et pour les affects. Tant de grands cinéastes ont filmé la nourriture et les repas partagés : venez, à travers une série d’extraits, découvrir comment. Une conférence qui vous donnera envie de dévorer tout le cinéma d’Asie.

L’intervenant : Cinéaste et enseignant à l’université Paris 3, Pascal-Alex Vincent a réalisé de nombreux clips, courts métrages, documentaires et longs métrages. Il est également l’auteur de deux Dictionnaires du cinéma japonais parus chez Carlotta Films.

Les dates :

MA 10 Dec – 18h30
Institut de l’Image – Aix-en-Provence
Une animation culinaire proposée par Les Grandes Tables accompagnera la séance

ME 11 Dec – 18h45
Le Coluche – Istres

VE 13 Dec – 19h
L’Odyssée – Fos-sur-Mer
Une animation culinaire proposée par Les Grandes Tables accompagnera la séance

SA 14 Dec – 19h30
Le Gyptis – Marseille
Une animation culinaire proposée par Les Grandes Tables accompagnera la séance

DI 15 Dec – 20h
Les Visiteurs du Soir – Valbonne

Festen de Thomas Vinterberg

Danemark, 1998, 1h46 Avec Ulrich Thomsen, Henning Moritzen, Thomas Bo Larsen, Paprika Steen, Birthe Neumann
Le patriarche Helge Klingenfelt fait préparer une grande fête pour ses 60 ans. Parmi les convives, Christian, le fils aîné, est chargé par Helga de dire quelques mots au cours du dîner sur sa soeur jumelle Linda, morte un an plus tôt. Personne ne se doute que Christian va profiter de ce petit discours pour révéler de lourds secrets.

“Festen, rites et réalité” : Conférence par Olivier Levallois

Thomas Vinterberg filme un repas de famille non pas avec l’ironie sociologique d’un Chabrol, ou le lyrisme chorégraphié d’un Coppola, mais depuis le regard-témoin d’un Jean Rouch. Il nous fait observer à la manière d’un ethnologue une tribu danoise et son rituel pour intégrer une vérité menaçant l’ordre traditionnel. La vérité et le réel sont les grands sujets du film, et aussi du dispositif narratif Dogme 95 dont Festen est la première production. Dogme 95 affirme un cinéma-vérité s’opposant aux artifices du cinéma commercial de superproductions. Mais n’est-ce pas là un autre artifice que de préétablir des règles pour garantir la représentation du réel ? L’écriture de Festen, entre documentaire, reportage ethnographique et tragédie antique pose ainsi des questions essentielles sur la part de vérité et de manipulation au coeur de toute création.

L’intervenant : Après des études de Lettres Modernes et une formation de scénariste au Conservatoire Européen d’Ecriture Audiovisuelle (2002), Olivier Levallois travaille en tant que consultant et script-doctor dans différentes maisons de production de cinéma et de télévision. Il écrit pour le théâtre et mène une activité pédagogique à l’Ecole de la Cité, à la Cité du Cinéma en Seine-St-Denis et aux Ateliers de l’Image et du Son à Marseille.

Les dates :

ME 22 Janv – 20h
Espace Robert Hossein – Grans

DI 26 Janv – 20h
Les Visiteurs du Soir – Valbonne

Satyricon de Federico Fellini

Italie, 1969, 2h18, avec Martin Potter, Hiram Keller, Max Born, Mario Romagnoli, Magali Noël
Fellini présente une société romaine en pleine décadence, où orgies et autres festins sont courants, une oeuvre à sa démesure, loin des reconstitutions historiques et autres péplums. Le récit, inspiré de l’oeuvre éponyme de Pétrone, est basé sur les pérégrinations de deux jeunes parasites de l’époque néronienne, Encolpe et Ascylte.

“L’orgie au cinéma : manger, vomir, manger encore” : Conférence par Adrien Dénouette

“Chaque instant peut être le dernier, alors remplis-le jusqu’à la nausée”. Déclamée par Encolpe alors qu’il se vautre dans la luxure, cette citation d’un mystérieux poète vaut pour le Satyricon de Fellini comme pour n’importe quelle scène de bacchanale. Car l’orgie est le spectacle comique de la profusion qui dérape dans l’excès. Ce programme a toujours eu pour but de nous mettre en garde : riez, mais surtout méfiez-vous, mince est la frontière entre la prospérité et le trop-plein, l’appétit et la crise de foie, la satisfaction du désir poussée à l’extrême et son revers de dégoût. Dès lors, que se passe-t-il dans l’Italie des années 1970, pour que Fellini, Ferreri et Pasolini accouchent du Satyricon, de La Grande Bouffe et de Salo ou les 120 journées de Sodome ? De quel haut-le-cœur serions-nous menacés, à présent qu’il est de notre devoir de consommer ?

L’intervenant : Critique de cinéma pour les revues Carbone, Critikat et Trois Couleurs, Adrien Dénouette enseigne à l’Université Paris-Diderot, anime un atelier de programmation de films auprès d’enfants du primaire pour le Forum des Images et donne des conférences sur différents cinémas (le cartoon, John Carpenter, Hayao Miyazaki, Wang Bing, les adaptations de Stephen King, etc.). Prochainement, il publiera un essai sur l’acteur américain Jim Carrey aux éditions Carbone.

Les dates :

ME 12 Fev – 18h
Le Rex – Châteaurenard

JE 13 Fev – 19h
La Baleine – Marseille

SA 15 Fev – 14h30
Institut de l’Image – Aix-en-Provence

Le Déjeuner sur l’herbe de Jean Renoir

France, 1959, 1h32, avec Paul Meurisse, Catherine Rouvel, Ferdinand Sardou, Jacqueline Morane, Jean-Pierre Granval, Charles Blavette
Le professeur Alexis, spécialiste de la fécondation artificielle, célèbre ses fiançailles avec la comtesse Marie- Charlotte. Au cours d’un déjeuner sur l’herbe, il rencontre Nénette, jeune fille simple qui désire un enfant sans les complications du mariage. Le professeur va être séduit.

“Repas, ripailles et colis” : Conférence par Charlotte Garson

Quand, dans La Grande Illusion, Jean Gabin et Pierre Fresnay, prisonniers de la Grande Guerre, découvrent que leur codétenu Rosenthal approvisionne la chambrée en colis envoyés de l’arrière, la civilisation revient à eux via cette convivialité qui fait parler chacun de sa cuisine familiale et de ses régimes particuliers. Une boîte de petits pois vaut le meilleur caviar, puisque partager des mets, c’est déjà prendre langue. Mais des sardines à l’huile de Boudu sauvé des eaux à la salade de pommes-de-terre de La Règle du jeu, la nourriture est aussi le lieu d’un théâtre de la division entre classes sociales. À travers festins et pénuries, Jean Renoir, qui s’est taillé un rôle d’aubergiste aux petits oignons dans Une partie de campagne, invite surtout le cinéma français, empesé dans ses textes, à retrouver le chemin du corps.

L’intervenante : Charlotte Garson, auteure de Jean Renoir (Le Monde / Cahiers du cinéma), de Amoureux (Actes Sud) et Le Cinéma hollywoodien (Cahiers du Cinéma), a collaboré aux Cahiers du cinéma de 2001 à 2013. Elle collabore à France Culture (La Dispute et Plan large) et aux revues Images documentaires et Etudes, dont elle dirige les pages cinéma. Elle anime un ciné-club mensuel sur le cinéma hollywoodien au Centre des Arts d’Enghienles- Bains et un autre sur les maisons de cinéma à Ris-Orangis.

Les dates :

ME 11 Mars – 20h
Espace Robert Hossein – Grans

JE 12 Mars – 19h
Cinéma Jean Renoir – Martigues

VE 13 Mars – 20h
Les Lumières – Vitrolles

SA 14 Mars – 14h
La Baleine – Marseille

DI 15 Mars – 20h
Les Visiteurs du Soir – Valbonne

JE 19 Mars – 20h30
Cinéma Actes Sud – Arles

 

Cycles précédents :

Paroles au Cinéma (janvier à avril 2019)
Ville de Cinéma (novembre 2016 à mai 2017)
Rétrospective Jean-Pierre Melville (mars à juin 2016)
Trilogie marseillaise de Marcel Pagnol (octobre 2015 à janvier 2016)
John Ford (septembre à décembre 2015)
Maurice Pialat (février à mai 2015)
René Allio (septembre à décembre 2014)
Billy Wilder (janvier à avril 2014)
Musique et cinéma (octobre à décembre 2013)
Jean Renoir et la couleur (janvier à mars 2013)
Chefs d’oeuvres restaurés (mars à juin 2012)
Le Road Movie (septembre à décembre 2012)
Rétrospective Kubrick (octobre 2011 à janvier 2012)

Contact

Vincent Thabourey – reseau@cinemasdusud.fr – 04 13 41 57 93

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